{"id":5759,"date":"2019-11-14T08:21:08","date_gmt":"2019-11-14T07:21:08","guid":{"rendered":"https:\/\/trans-cultures.fr\/?p=5759"},"modified":"2019-11-15T13:24:54","modified_gmt":"2019-11-15T12:24:54","slug":"mes-jours-de-prison","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/trans-cultures.fr\/?p=5759&lang=fr","title":{"rendered":"Mes jours de prison"},"content":{"rendered":"\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Awat Mohamad-Amin<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Traduction de kurde&nbsp;: Bayan Salman et Philippe Delarbre<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"alignright is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/trans-cultures.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prison-Tracy-Lundgren.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-5751\" width=\"302\" height=\"370\" srcset=\"https:\/\/trans-cultures.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prison-Tracy-Lundgren.jpg 522w, https:\/\/trans-cultures.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/prison-Tracy-Lundgren-245x300.jpg 245w\" sizes=\"auto, (max-width: 302px) 100vw, 302px\" \/><figcaption>Image: prison-Tracy Lundgren<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n\n<p>En octobre 1989, je fis la connaissance de\nHassan Mutlak Al-Roudhan. Il\nhabitait Kirkuk et logeait \u00e0 la cit\u00e9 universitaire situ\u00e9e en face de notre\nmaison dans le quartier de Iskan Al-Jadid, et \u00e9tait enseignant. J&rsquo;avais\nsouhait\u00e9 cet entretien. J&rsquo;admirais ce qu&rsquo;il \u00e9crivait, particuli\u00e8rement ses\nnouvelles, et nous correspondions depuis un an. Cette relation ne fit d\u00e8s lors\nque se renforcer et me permit de rencontrer \u00e9galement le conteur Mahmoud\nJandari Juma et l&rsquo;intellectuel Nasser Mahmoud, tous deux originaires de Kirkuk.\nNos r\u00e9unions se multipli\u00e8rent, se tenant soit chez l&rsquo;un d&rsquo;entre nous soit dans\ndes clubs. Nous traitions de sujets litt\u00e9raires et nos discussions \u00e9taient\nd&rsquo;ordre culturel. A la mi-novembre, Hassan Mutlak m&rsquo;appela et me dit qu&rsquo;il\npr\u00e9f\u00e9rait que nous nous r\u00e9unissions chez Nasser Mahmoud lequel vivait dans un\nappartement situ\u00e9 dans le quartier de Al-Moussallah. Nous nous y rend\u00eemes vers\n16h et, une demi-heure plus tard, Mahmoud Jandari vint se joindre \u00e0 nous. Mais\ncette fois, \u00e0 l\u2019inverse de nos r\u00e9unions habituelles, Hassan parla de politique.\nIl fit une analyse de la situation du pays, \u00e9voquant les cons\u00e9quences de la\nguerre Iran-Irak, les traces qu&rsquo;elle avait laiss\u00e9es dans le pays, ses effets\ndans le quotidien des Irakiens, le renforcement de la dictature et du pouvoir\nabsolu qu&rsquo;exer\u00e7ait Saddam Hussein. Chacun d&rsquo;entre nous appelait \u00e0 la libert\u00e9 de\npens\u00e9e, \u00e0 la mise en place d&rsquo;une constitution moderne, \u00e0 l&rsquo;instauration d&rsquo;une\nd\u00e9mocratie, d&rsquo;un \u00e9tat de droit digne du peuple irakien lequel m\u00e9rite une vie en\nrapport avec ses capacit\u00e9s, son \u00e9nergie et l&rsquo;immense richesse du pays. Mais il\nne fut jamais dans nos intentions de nous \u00e9carter de la litt\u00e9rature et du\ndomaine culturel et de nous consacrer \u00e0 la politique. Hassan conclut en nous\napprenant qu&rsquo;il \u00e9tait en train de se constituer, dans la r\u00e9gion de Tikrit et\ndans la tribu Jabour dont il \u00e9tait issu, une organisation politique. Il\nappartenait \u00e0 la branche civile mais c&rsquo;\u00e9tait la branche militaire comprenant de\njeunes officiers de tous grades, en poste dans des lieux et des unit\u00e9s aussi\nsensibles que forces sp\u00e9ciales et garde r\u00e9publicaine, qui tenaient les r\u00eanes.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos r\u00e9actions aux r\u00e9v\u00e9lations de Hassan et \u00e0\nson appel \u00e0 rejoindre cette organisation furent in\u00e9gales. Si Nasser lui apporta\nimm\u00e9diatement son soutien, Mahmoud Jandari fut plus r\u00e9serv\u00e9. Il promit de lui\nr\u00e9pondre par \u00e9crit. Quant \u00e0 moi, apr\u00e8s m&rsquo;\u00eatre engag\u00e9 sur l&rsquo;honneur \u00e0 garder le\nsecret et \u00e0 ne leur nuire en aucune mani\u00e8re, je refusai. Toutefois j&rsquo;ajoutais\nque, soucieux de pr\u00e9server notre amiti\u00e9, j&rsquo;\u00e9tais pr\u00eat, par solidarit\u00e9 et\nm&rsquo;estimant moralement responsable, \u00e0 leur apporter, en cas de n\u00e9cessit\u00e9, l&rsquo;aide\ndont ils pourraient avoir besoin.<\/p>\n\n\n\n<p>Il faisait nuit quand je rentrai chez moi. La\npeur et l&rsquo;angoisse m&rsquo;avaient envahi. Pour me rassurer, je me dis qu&rsquo;en cas de\nd\u00e9couverte du complot et d&rsquo;arrestation de ses auteurs, je pourrais toujours\nd\u00e9clarer que je n&rsquo;avais jamais \u00e9t\u00e9 de leur c\u00f4t\u00e9 et que je n&rsquo;avais jamais\ntravaill\u00e9 avec eux. J&rsquo;\u00e9tais dans l&rsquo;ignorance compl\u00e8te des dispositions du Code\np\u00e9nal irakien en mati\u00e8re de complot visant au renversement du r\u00e9gime et d&rsquo;atteintes\n\u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 de l&rsquo;\u00c9tat. Je d\u00e9cidai de rester \u00e9loign\u00e9 pendant un temps de mes\namis et de ne pas m&rsquo;approcher du lieu de notre rendez-vous.<\/p>\n\n\n\n<p>Je travaillais depuis plus d&rsquo;un mois en tant que contr\u00f4leur sur le\nprojet du Sad Al-Adime (Grand Barrage) et ignorais que Hassan Mutlak et Nasser\nMahmoud avaient \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9s la premi\u00e8re semaine de la nouvelle ann\u00e9e 1990. Le\n19 janvier 1990, dans l&rsquo;apr\u00e8s-midi, alors que je discutais dans ma chambre de\ntraduction litt\u00e9raire avec un ami \u00e9crivain de ma g\u00e9n\u00e9ration, Nauzad Ahmed\nAswad, ma s\u0153ur Mahabad entra soudainement dans ma chambre en m&rsquo;annon\u00e7ant que\ntrois hommes, dans une voiture blanche, me cherchaient et qu&rsquo;ils parlaient\narabe. Je &nbsp;sortis pour aller \u00e0 leur\nrencontre. J&rsquo;\u00e9tais v\u00eatu d&rsquo;un tee-shirt et d&rsquo;un pantalon de pyjama et ne pensais\n\u00e0 rien de particulier. Deux des hommes se tenaient debout \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la voiture\ntandis que le chauffeur, assis, attendait. L&rsquo;un des hommes s&rsquo;avan\u00e7a et me\ntendit la main.<\/p>\n\n\n\n<p>Au moment o\u00f9 je serrai sa main, il m\u2019ordonna de monter dans la\nvoiture. Il me d\u00e9clara que je devais me rendre dans les bureaux de la s\u00e9curit\u00e9\ncar mon fr\u00e8re Rebwar avait \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9 \u00e0 la suite d&rsquo;une bagarre. Alors que je\ntentais d&rsquo;obtenir plus d&rsquo;explications, il me poussa, aid\u00e9 de l&rsquo;autre homme, dans\nla voiture. Je me retrouvai assis \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re entre les deux tandis que la\nvoiture prenait la direction du centre-ville. Peu apr\u00e8s le d\u00e9marrage, l&rsquo;un des\ndeux hommes me recouvrit la t\u00eate d&rsquo;une veste de cuir et, en m&rsquo;enfon\u00e7ant dans le\nflanc le canon de son pistolet, me for\u00e7a \u00e0 me baisser. La voiture s&rsquo;arr\u00eata dans\nun garage situ\u00e9 dans la cour d&rsquo;un b\u00e2timent gouvernemental que je n&rsquo;avais jamais\nvu auparavant. Je fus ensuite conduit dans une petite pi\u00e8ce avec une porte en\nfer et une lucarne creus\u00e9e en haut d&rsquo;un mur. J&rsquo;observai les inscriptions qui\nmaculaient les murs et je compris que je me trouvai dans les locaux du\nrenseignement. <\/p>\n\n\n\n<p>Moins d&rsquo;une heure plus tard, on m&#8217;emmena dans une autre pi\u00e8ce.\nOn me pla\u00e7a face \u00e0 un homme habill\u00e9 en civil assis derri\u00e8re un bureau encombr\u00e9\nde papiers et d&rsquo;un fouet noir. On me laissa seul, les mains attach\u00e9es dans le\ndos, avec cet homme. Celui-ci se leva, se pencha vers moi et me demanda si je\nsavais la raison pour laquelle on m&rsquo;avait amen\u00e9 ici. Je r\u00e9pondis que non.<br>\nJ&rsquo;essayai \u00e0 ce moment de contr\u00f4ler mon corps qui tremblait de peur et de froid.\nIl m&rsquo;interrogea sur les causes de ce tremblement. Je dis qu&rsquo;il faisait froid.\nIl r\u00e9pliqua sur un ton moqueur qu&rsquo;il allait m&rsquo;envoyer dans un endroit chaud et\ntranquille. C&rsquo;est alors qu&rsquo;il me gifla violemment tout en prof\u00e9rant des\ninsultes. Puis il appela les deux hommes et leur demanda de me reconduire dans\nla premi\u00e8re pi\u00e8ce. <\/p>\n\n\n\n<p>Au coucher du soleil, la porte s&rsquo;ouvrit. On fit entrer un\nhomme v\u00eatu d&rsquo;un manteau noir et la porte se referma. Apr\u00e8s nous \u00eatre d\u00e9visag\u00e9s\nen silence, je reconnus le conteur Mahmoud Jandari. Il m&rsquo;informa h\u00e2tivement de\nl&rsquo;arrestation, deux semaines plus t\u00f4t, de Hassan Mutlak et de Nasser Mahmoud\nainsi que de dizaines d&rsquo;officiers et de civils notamment dans la zone de Tikrit\net des villages de Sedhirat pour le motif, ainsi que l&rsquo;avaient annonc\u00e9 la\npropagande et certains m\u00e9dias opposants, de pr\u00e9paration d&rsquo;un coup d&rsquo;\u00c9tat. Mahmoud\nJandari me questionna sur ma position. Je lui r\u00e9pondis que ma position \u00e9tait\nidentique \u00e0 celle que j&rsquo;avais exprim\u00e9e lors de notre derni\u00e8re r\u00e9union et que je\nn&rsquo;en n&rsquo;avais pas d\u00e9vi\u00e9. De son c\u00f4t\u00e9, il m&rsquo;expliqua qu&rsquo;il avait inform\u00e9 par\n\u00e9crit Hassan Mutlak de son refus de rejoindre l&rsquo;organisation secr\u00e8te et qu&rsquo;il\navait d\u00e9taill\u00e9 les raisons de ce refus. <\/p>\n\n\n\n<p>Finalement, nous d\u00e9cid\u00e2mes de r\u00e9futer toute accusation d&rsquo;avoir\nrejoint ou soutenu ladite organisation en d\u00e9crivant notre situation telle\nqu&rsquo;elle \u00e9tait. Personne ne vint chercher Mahmoud Jandari pour \u00eatre interrog\u00e9 et\nnous rest\u00e2mes deux nuits dans le m\u00eame endroit. Le matin du troisi\u00e8me jour. On\nnous menotta, on nous banda les yeux et on nous fit monter dans une voiture\naccompagn\u00e9s de deux hommes et d&rsquo;un chauffeur. Trois heures plus tard, la\nvoiture s&rsquo;arr\u00eata. On retira le bandeau de nos yeux mais nos mains rest\u00e8rent\nmenott\u00e9es. C&rsquo;\u00e9tait un grand b\u00e2timent comprenant plusieurs \u00e9tages. On nous fit\nmonter \u00e0 l&rsquo;un des \u00e9tages pour recevoir la tenue r\u00e9serv\u00e9e aux prisonniers et\nd\u00e9poser nos v\u00eatements et objets personnels. Je n&rsquo;avais sur moi qu&rsquo;une pi\u00e8ce\nd&rsquo;un dinar et une montre \u00e9lectrique ordinaire. Puis on nous s\u00e9para et je fus\nconduit dans une petite cellule de couleur rouge sombre portant le num\u00e9ro 35\nsitu\u00e9e dans ces m\u00eames b\u00e2timents des services de renseignement install\u00e9s, ainsi\nque je l&rsquo;appris plus tard, dans l&rsquo;arrondissement de Al-Hakimiya \u00e0 Bagdad. <\/p>\n\n\n\n<p>Au bout de plusieurs jours, je fus emmen\u00e9 les yeux band\u00e9s pour\n\u00eatre interrog\u00e9. Apr\u00e8s avoir fait retirer le bandeau, l&rsquo;enqu\u00eateur m&rsquo;ordonna de\nm&rsquo;asseoir sur une chaise \u00e0 deux m\u00e8tres de lui. Un autre homme \u00e9tait assis \u00e0\nc\u00f4t\u00e9 de la table et transcrivait mes d\u00e9clarations. <\/p>\n\n\n\n<p>Avant que l&rsquo;enqu\u00eateur ne me questionne sur mes relations avec\nHassan Mutlak et son groupe, sur ce qu&rsquo;ils projetaient de faire et la raison\npour laquelle je n&rsquo;\u00e9tais au courant de rien, il annon\u00e7a que Hassan Mutlak et\nNasser Mahmoud avaient tout avou\u00e9 concernant la nature de mes relations avec\neux et le r\u00f4le que j&rsquo;avais jou\u00e9. J&rsquo;expliquai alors, ainsi que Mahmoud Jandari\net moi en \u00e9tions convenus, quelle avait \u00e9t\u00e9 ma relation avec Hassan Mutlak et\nson groupe.<br>\nQuant au motif pour lequel je n&rsquo;avais pas fait d&rsquo;\u00e9crit, je soulignais que je ne\ncroyais pas \u00e0 cette affaire, que je ne l&rsquo;avais pas prise au s\u00e9rieux et que\nj&rsquo;avais dit : \u00ab\u00a0Comment parler de quelque chose que je consid\u00e8re comme une\n\u00e9lucubration ?\u00a0\u00bb. Puis je signai ma d\u00e9claration. Au moment de quitter la\npi\u00e8ce, je vis Mahmoud Jandari entrer les yeux band\u00e9s. Je passai plus d&rsquo;un mois\nen cellule d&rsquo;isolement. Un jour la porte s&rsquo;ouvrit et deux hommes furent pouss\u00e9s\ndans la pi\u00e8ce : Abd Mohamed Jarou, directeur du D\u00e9partement d&rsquo;arch\u00e9ologie de\nSalah-al-Din et Mohammed Saleh Khalaf, officier adjoint de la garde sp\u00e9ciale,\ntous deux incarc\u00e9r\u00e9s pour la m\u00eame affaire. J&rsquo;appris alors la v\u00e9rit\u00e9 et les\nsecrets sur cette entreprise dont j&rsquo;ignorais tout. Il y avait une organisation\narm\u00e9e avec des branches civiles compos\u00e9es de sunnites, particuli\u00e8rement une\nfraction de la tribu Jubour de la ville de Salah-al-Din dirig\u00e9e par une personne\nappel\u00e9e Cheikh Hegel Mohammed Shabib al-Jubouri. Cette organisation avait pour\nobjectif d&rsquo;assassiner Saddam Hussein lors d&rsquo;un d\u00e9fil\u00e9 militaire \u00e0 l&rsquo;occasion de\nla f\u00eate de l&rsquo;Arm\u00e9e, le 6 janvier 1990. Il avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9vu que tire le canon\nd&rsquo;un char participant au d\u00e9fil\u00e9 et conduit par un jeune officier de la garde\nr\u00e9publicaine, Sattam Ghannam al-Jubouri,&nbsp; surnomm\u00e9 le Doigt d&rsquo;or pendant\nla guerre Iran-Irak. Mais le complot fut d\u00e9nonc\u00e9, une semaine avant son\nex\u00e9cution, par une personne qui, proche de mon ami Hassan Mutlak, avait refus\u00e9\nd&rsquo;y participer, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 approch\u00e9e et inform\u00e9e. C&rsquo;est du moins ce que me\nracont\u00e8rent plusieurs d\u00e9tenus.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelques jours\nplus tard, apr\u00e8s l&rsquo;arriv\u00e9e de Hassan Rashid Ahmed al-Badrani, officier de la\ngarde r\u00e9publicaine et de Ahmed Gharbi Hassan, agent de sant\u00e9 dans l&rsquo;un des\nvillages de Sedhirat, nous f\u00fbmes cinq d\u00e9tenus dans la m\u00eame cellule. Nous p\u00fbmes\nconstater que nous avions \u00e9t\u00e9 en majorit\u00e9 arr\u00eat\u00e9s pour la m\u00eame affaire. Nous\nv\u00eemes passer le Ramadan, la F\u00eate (l&rsquo;A\u00efd). Hassan Rashid fut lib\u00e9r\u00e9 car il\nn&rsquo;avait aucun lien avec le complot. Avant qu&rsquo;il ne parte, je lui demandai d&rsquo;avertir\nma famille de ma situation et de mon lieu de d\u00e9tention. Ahmed Gharbi fut transf\u00e9r\u00e9\ndans un autre endroit. Le 18 juin 1990, nous f\u00fbmes traduits devant le Tribunal R\u00e9volutionnaire\n\u00e0 l&rsquo;\u00e9poque pr\u00e9sid\u00e9 par Awad Bander. Jamais je n&rsquo;aurais imagin\u00e9 un proc\u00e8s aussi\nsuperficiel. Vingt-sept d\u00e9tenus, \u00e0 l&rsquo;exception de Cheikh Hegel s\u00e9par\u00e9 du\ngroupe, se trouvaient debout dans la m\u00eame cage et tous inculp\u00e9s pour le motif\nde complot contre l&rsquo;\u00c9tat.<br>\nAucun d&rsquo;entre nous ne reconnut l&rsquo;accusation port\u00e9e \u00e0 son encontre et je fus\nt\u00e9moin de la position courageuse de plusieurs accus\u00e9s qui invoqu\u00e8rent la\nl\u00e9gitime d\u00e9fense voire m\u00eame leur opposition au pouvoir, position qui poussa le\npr\u00e9sident \u00e0 les insulter ainsi que leurs familles et la tribu Jubouri. La\nposition de l&rsquo;avocat de la d\u00e9fense avait \u00e9t\u00e9 dict\u00e9e et fut ridicule. Le\nprocureur g\u00e9n\u00e9ral r\u00e9clama des peines maximales. Le proc\u00e8s dura deux heures et\ns&rsquo;acheva avec la condamnation de tous en vertu de l&rsquo;article 175 \/2 du code\np\u00e9nal pr\u00e9voyant la peine de mort ou l&#8217;emprisonnement \u00e0 vie. Dix-sept d&rsquo;entre\nnous furent condamn\u00e9s \u00e0 mort, les dix autres \u00e0 la prison \u00e0 vie. Je fis partie\ndes condamn\u00e9s \u00e0 la prison \u00e0 vie.<\/p>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Condamn\u00e9s \u00e0 la\nprison \u00e0 vie :<\/strong><\/h3>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Awat Mohamad-Amin (civil)<\/li><li>Abd Mohamed Jarou (civil)<\/li><li>\u00a0Mahmoud Jandari Juma (civil)<\/li><li>\u00a0Mohammed Saleh Khalaf (sous-officier \/ garde sp\u00e9ciale)<\/li><li>\u00a0Ali Abdullah Ahmed (sous-officier \/ garde sp\u00e9ciale)<\/li><li>Hameidi Mohammed Saeed (sous-officier \/ garde sp\u00e9ciale)<\/li><li>Ibrahim Hussein Jassim (agent des forces sp\u00e9ciales de s\u00e9curit\u00e9)<\/li><li>Mahmoud Al-Mazho (capitaine forces blind\u00e9es \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/li><li>Jamal Mahmoud Al-Badrani (sous-lieutenant \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/li><li>\u00a0Ghanem Abdul Talab (lieutenant chef \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p><strong>Condamn\u00e9s \u00e0\nmort :<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>1 &#8211; Cheikh\nHegel Mohammed Shabib al-Jubouri (civil)<\/p>\n\n\n\n<p>2- Hassan\nMutlak Al-Roudhan (civil)<\/p>\n\n\n\n<p>3- Nasser\nMahmoud (civil)<\/p>\n\n\n\n<p>4- Ahmed Gharbi\nHassan (civil)<\/p>\n\n\n\n<p>5- Fendi Talab\nSalma (civil) <\/p>\n\n\n\n<p>6- Sattam\nGhannam Al-Majzab (capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>7- Jamal\nShaalan Ahmad (capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>8- Khudair Kkedr\nAl-Jubouri (capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>9- Ibrahim\nAhmed Abdala (capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>10- Mahmoud\nAbdullah al-Mahjoub (capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>11- Mustafa\nHadi al-Sawati (capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>12- Mudahi Ali al-Hussein\n(capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>13- Saleh\nJassim (capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>14- Sabah\nAbdullah (capitaine \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>15- Khairallah\nHamid (lieutenant chef \/ Garde r\u00e9publicaine)<\/p>\n\n\n\n<p>16- Qais Askar\nMohammed (sous-officier \/ garde sp\u00e9ciale)<\/p>\n\n\n\n<p>17- Hassan\nNayef Abdullah (sous-officier \/ garde sp\u00e9ciale \/ peloton sp\u00e9cial)&nbsp;&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s le\njugement, nous f\u00fbmes imm\u00e9diatement transport\u00e9s en v\u00e9hicules blind\u00e9s \u00e0 la prison\ncentrale de Abou Ghraib. Nous rest\u00e2mes deux jours dans la partie r\u00e9serv\u00e9e \u00e0\nl&rsquo;accueil des d\u00e9tenus jusqu&rsquo;\u00e0 ce que l&rsquo;on nous entasse par quatre ou cinq dans\nune petite pi\u00e8ce.<br>\nLe deuxi\u00e8me jour, nous mange\u00e2mes les restes d&rsquo;un banquet d&rsquo;officiers et\nd&#8217;employ\u00e9s de la prison. Apr\u00e8s le d\u00e9jeuner, nous f\u00fbmes regroup\u00e9s dans une\ngrande salle et il fut demand\u00e9 aux condamn\u00e9s \u00e0 mort de dicter leur testament \u00e0\nl&rsquo;un des condamn\u00e9s \u00e0 vie de leur choix afin que ce dernier le transmette \u00e0\nleurs proches. <\/p>\n\n\n\n<p>L\u00e0-bas, je\nrevis Hassan Mutlak, Nasser Mahmoud et Mahmoud Jandari au bout de cinq mois\nd&rsquo;isolement. Hassan Mutlak m&#8217;embrassa et exprima son regret de ce qui m&rsquo;\u00e9tait\narriv\u00e9 et qui avait caus\u00e9 tant de difficult\u00e9s et de douleurs \u00e0 ma famille. Nasser\nMahmoud parla des tortures qu&rsquo;ils avaient subies et me pr\u00e9senta ses excuses,\ndisant qu&rsquo;il n&rsquo;aurait jamais pu imaginer qu&rsquo;une peine aussi dure puisse \u00eatre\ninflig\u00e9e \u00e0 quelqu&rsquo;un qui, d\u00e8s l&rsquo;origine, avait refus\u00e9 l&rsquo;id\u00e9e m\u00eame du complot. <\/p>\n\n\n\n<p>Dans\nl&rsquo;apr\u00e8s-midi, on nous transf\u00e9ra \u00e0 la division des peines sp\u00e9ciales. On nous\nr\u00e9partit dans la salle d&rsquo;accueil puis on nous s\u00e9para. Comme les autres, je fus\nlibre de choisir le groupe nomm\u00e9 <em>al-seferdachia<\/em> avec lequel je devais\npartager l&rsquo;espace et la nourriture. En g\u00e9n\u00e9ral, ceux qui \u00e9taient condamn\u00e9s pour\nle m\u00eame motif choisissaient de former un m\u00eame groupe. Chacun appelait l&rsquo;autre :\n<em>Ibn Dawa<\/em>. Mahmoud Jandari et moi sommes rest\u00e9s ensemble et avons rejoint\ntrois autres prisonniers de fa\u00e7on \u00e0 constituer un <em>al-seferdachia<\/em> de cinq\npersonnes. Les trois autres \u00e9taient :<\/p>\n\n\n\n<ol class=\"wp-block-list\"><li>Berdj Donabit Kiroxian (arm\u00e9nien, membre de l&rsquo;Orchestre symphonique\nd\u2019Irak)<\/li><li>Tariq Medhat Al-Qarghouli (doyen, Direction des transports et des approvisionnements)<\/li><li>Abdul-Wahab Ahmed Askar (kurde, ouvrier plombier)<\/li><\/ol>\n\n\n\n<p>Abou Ghraib\n\u00e9tait une prison qui d\u00e9pendait du Minist\u00e8re des affaires sociales et le\npersonnel \u00e9tait rattach\u00e9 \u00e0 ce minist\u00e8re. L\u2019ironie du destin fut que mon p\u00e8re\ntravaillait depuis vingt ans dans cette prison. Le jour o\u00f9 j&rsquo;y fus amen\u00e9, il se\ntrouvait en cong\u00e9 dans notre famille \u00e0 Kirkuk. Quand il apprit la nouvelle, il\nrevint sur le champ reprendre son poste.<br>\nLorsque nous nous rev\u00eemes, il me posa peu de questions sur ce qui \u00e9tait arriv\u00e9\nmais il me demanda de prendre patience et de remercier Dieu qui m&rsquo;avait sauv\u00e9\nde la pendaison. Il ajouta que le temps passerait, que l&rsquo;on ne savait pas ce\nque l&rsquo;avenir nous r\u00e9servait.<\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;\u00e9tais parti\npour la prison d&rsquo;Abou Ghraib le 20 juin 1990. J&rsquo;avais peur de parler du motif pour\nlequel on m&rsquo;avait incarc\u00e9r\u00e9 : Tentative de coup d&rsquo;\u00c9tat manqu\u00e9. Mais d\u00e8s le\npremier jour, nous e\u00fbmes des informations sur les jugements, le code p\u00e9nal, les\ncrimes et accusations de complot. L\u00e0-bas, j&rsquo;obtins un exemplaire du code p\u00e9nal\nirakien num\u00e9ro 111(r\u00e9form\u00e9 en 1969) en vertu duquel j&rsquo;avais \u00e9t\u00e9 condamn\u00e9 et\ndont le contenu et les commentaires \u00e9taient tr\u00e8s flous. Un mois et demi plus\ntard, le matin du 2 ao\u00fbt 1990, au moment de nous lever, nous entend\u00eemes la\nnouvelle qui devait secouer le monde entier : L&rsquo;occupation du Kowe\u00eft par les\nforces irakiennes. L&rsquo;op\u00e9ration \u00e9tait plac\u00e9e sous le slogan \u00ab&nbsp;Retour de la\nbranche \u00e0 son origine&nbsp;\u00bb (\u0639\u0648\u062f\u0629 \u0627\u0644\u0641\u0631\u0639 \u0627\u0644\u0649 \u0627\u0644\u0627\u0635\u0644). <\/p>\n\n\n\n<p>Le peuple\nirakien fut convaincu qu&rsquo;une nouvelle guerre \u00e9tait proche. Nous suiv\u00eemes la\nsuccession des r\u00e9solutions du Conseil de s\u00e9curit\u00e9 contre l&rsquo;Irak, la mise en\nplace des forces d&rsquo;une coalition internationale, le d\u00e9roulement de la guerre\napr\u00e8s son d\u00e9clenchement le 17 janvier 1991, le soul\u00e8vement du Kurdistan jusqu&rsquo;\u00e0\nla lib\u00e9ration de Kirkuk le 21 mars. L&rsquo;espoir en nous d&rsquo;une survie se m\u00eala \u00e0 la\ncrainte plus que justifi\u00e9e&nbsp;de repr\u00e9sailles. Puis le d\u00e9sespoir, le chagrin\nnous submerg\u00e8rent lorsque nous appr\u00eemes le r\u00e9tablissement de l&rsquo;ordre par le\npouvoir et la migration d&rsquo;un million de Kurdes d\u00e9but avril. <\/p>\n\n\n\n<p>Mon p\u00e8re\nm&rsquo;avait apport\u00e9 une petite radio de poche et j&rsquo;\u00e9coutais en cachette les cha\u00eenes\ninternationales. J&rsquo;ignorais que trois de mes fr\u00e8res avaient \u00e9t\u00e9 pris dans les\nvagues d&rsquo;arrestations ordonn\u00e9es par le criminel Ali Hassan al-Majeed et que le\nreste de ma famille avait d\u00fb fuir \u00e0 pied vers la fronti\u00e8re iranienne. Bien des\nann\u00e9es plus tard, alors que je regardais un film sur la migration de 1991, je\nvis soudain ma m\u00e8re ainsi que plusieurs membres de ma famille qui, m\u00eal\u00e9s \u00e0 la\nfoule, allait vers un destin inconnu. Cette image r\u00e9veilla ma douleur et les\nsouvenirs amers de ces ann\u00e9es de cruaut\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Au milieu de\ntoutes ces trag\u00e9dies, suivre les informations \u00e9tait obligatoire pour tous les\nprisonniers. Un soir alors que nous \u00e9tions assis devant la t\u00e9l\u00e9vision, nous\navons appris, \u00e0 notre grande surprise, qu&rsquo;une d\u00e9l\u00e9gation des chefs des partis\nkurdes s&rsquo;\u00e9tait rendue \u00e0 Bagdad et avait \u00e9t\u00e9 re\u00e7ue par Saddam Hussein afin de\nn\u00e9gocier. Dans le m\u00eame temps, des centaines de milliers de Kurdes \u00e9taient\nd\u00e9plac\u00e9s vers les fronti\u00e8res de l&rsquo;Iran et de la Turquie. Les journ\u00e9es devinrent\nde plus en plus p\u00e9nibles dans la prison. Nous vivions dans un climat\nd&rsquo;agitation continuelle. D&rsquo;un c\u00f4t\u00e9 nous observions l&rsquo;effondrement du r\u00e9gime, de\nl&rsquo;autre nous nous attendions \u00e0 des mesures de repr\u00e9sailles. <\/p>\n\n\n\n<p>De plus,\nl&#8217;embargo international sur l&rsquo;Irak avait de tr\u00e8s graves r\u00e9percussions sur le\nquotidien et le moral des prisonniers. Je vis, de mes propres yeux, trois\nd\u00e9tenus poursuivre un chat, l&rsquo;attraper et le cuire pour leur d\u00eener. Des\npersonnels charg\u00e9s de r\u00e9colter les dons du sang prenaient de force le sang des\nprisonniers. Souffrant, comme beaucoup d&rsquo;entre nous, d&rsquo;an\u00e9mie et d&rsquo;une grande\nfaiblesse, j&rsquo;avais une v\u00e9ritable peur de leur venue. En mai, l&rsquo;administration\nde la prison changea. Les t\u00e2ches des gardiens furent confi\u00e9es aux forces de\ns\u00e9curit\u00e9 et non plus \u00e0 la police.<br>\nA cette \u00e9poque, mon p\u00e8re partit \u00e0 la retraite et je perdis un homme dont l&rsquo;aide\npr\u00e9cieuse et affectueuse m&rsquo;\u00e9tait d&rsquo;un grand r\u00e9confort. <\/p>\n\n\n\n<p>La d\u00e9cision d&rsquo;amnistie no 241 fut\nrendue le 21 juillet 1991 mais ne fut effective que cinq mois plus tard, le 21\nd\u00e9cembre 1991. La lib\u00e9ration se fit groupe apr\u00e8s&nbsp; groupe. Ne furent pas\nlib\u00e9r\u00e9s les prisonniers et d\u00e9tenus class\u00e9s dans les cat\u00e9gories non concern\u00e9es\npar l&rsquo;amnistie. Deux jours plus t\u00f4t, la Direction des r\u00e9formes sociales de la\nprison me notifia l&rsquo;obligation de me pr\u00e9senter \u00e0 la Direction de la s\u00e9curit\u00e9 de\nKirkuk dans les dix jours suivant ma lib\u00e9ration. <\/p>\n\n\n\n<p>J&rsquo;arrivai \u00e0 Kirkuk le 25 d\u00e9cembre\n1991 \u00e0 21h. Ce retour fut, pour moi comme pour ma famille, une v\u00e9ritable\nrenaissance. Je n&rsquo;avais plus que trois jours \u00e0 passer aupr\u00e8s des miens avant de\nme rendre \u00e0 la Direction de la s\u00e9curit\u00e9. Emportant dans un sac des v\u00eatements de\nrechange, une serviette et des affaires de toilette, je partis pour Chamchamal,\ndans la R\u00e9gion du Kurdistan, o\u00f9 depuis le d\u00e9part de ma famille de Kirkuk,\nvivait ma s\u0153ur mari\u00e9e. La R\u00e9gion du Kurdistan \u00e9tait d\u00e9sormais sous le contr\u00f4le\ndu Front du Kurdistan et le gouvernement irakien, depuis trois mois, avait d\u00fb\nen retirer administration et services de s\u00e9curit\u00e9. <\/p>\n\n\n\n<p>Chamchamal fut pour moi un lieu de repos et de paix o\u00f9 je pus retrouver nombre de parents et d&rsquo;amis. A cette date, les n\u00e9gociations entre dirigeants kurdes et gouvernement central battaient leur plein et les chances d&rsquo;obtenir des r\u00e9sultats positifs \u00e9taient minces. J&rsquo;\u00e9tais sorti de prison, j&rsquo;avais d\u00fb quitter ma ville, Kirkuk, ma famille et aller vivre \u00e0 quelques kilom\u00e8tres. Je ne revins que douze ans plus tard apr\u00e8s la chute de la dictature bassiste le 9 avril 2003.Tout avait chang\u00e9. Beaucoup de mes amis font maintenant partie d&rsquo;un lourd pass\u00e9 dont, m\u00eame en r\u00eave, je ne veux plus me souvenir. Mais ma lutte avec la vie continue.<\/p>\n\n\n\n<pre class=\"wp-block-verse\"><\/pre>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-media-text alignwide\" style=\"grid-template-columns:16% auto\"><figure class=\"wp-block-media-text__media\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"718\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/trans-cultures.fr\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/awat-2-e1567454733615-718x1024.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-4840\"\/><\/figure><div class=\"wp-block-media-text__content\">\n<h3 class=\"wp-block-heading\"><strong>Awat Mohamad-Amin<\/strong><br><strong>\u00e9crivain<\/strong><\/h3>\n<\/div><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Awat Mohamad-Amin Traduction de kurde&nbsp;: Bayan Salman et Philippe Delarbre Image: prison-Tracy Lundgren En octobre 1989, je fis la connaissance de Hassan Mutlak Al-Roudhan. Il habitait Kirkuk et logeait \u00e0 la cit\u00e9 universitaire situ\u00e9e en face de notre maison dans le quartier de Iskan Al-Jadid, et \u00e9tait enseignant. 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